Dépistage précoce: un nouveau test capable de détecter huit cancers

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Un nouveau test sanguin permettrait de détecter précocement huit cancers parmi les plus fréquents. Cette technique appelée «biopsie liquide» émerge depuis plusieurs années et soulève encore beaucoup de questions.

Le diagnostic de beaucoup de cancers est encore posé trop tardivement, réduisant ainsi l’efficacité de la prise en charge. L’espoir de tout oncologue serait d’agir le plus tôt possible, avant même que la tumeur ne se développe. Ce défi est en passe d’être relevé grâce à des tests sanguins capables de mettre en évidence l’ADN tumoral ou des cellules tumorales circulantes. Cette technique, appelée biopsie liquide, fait l’objet d’intenses recherches dans le monde entier. Le dernier test en date, CancerSEEK, permettrait de détecter, dans 70 cas sur 100, la présence d’un des huit cancers les plus fréquents, selon une étude publiée dans la revue Science.

Un test prometteur et non invasif

CancerSEEK, développé à l’université John Hopkins de Baltimore (Etats-Unis), repose sur un principe simple: analyser un échantillon de sang et y rechercher huit protéines et seize séquences mutées sur des gènes spécifiques. Ces différents marqueurs sont connus pour être associés à des cancers solides provenant d’organes différents: ovaires, foie, estomac, pancréas, œsophage, poumons, seins, côlon-rectum. Afin d’évaluer les performances de ce test, les auteurs l’ont utilisé sur 1005 patients atteints d’un de ces huit cancers, et sur 812 personnes ne présentant pas de symptômes.

La qualité d’un test diagnostic se mesure par deux paramètres indissociables: la sensibilité et la spécificité. La sensibilité représente la capacité du test à détecter la maladie quand elle est présente. La spécificité représente la capacité du test à donner un résultat négatif quand la personne n’est pas malade. En cancérologie, il est indispensable d’avoir un test le plus spécifique possible, étant donné l’impact psychologique, mais aussi financier, d’examens à la recherche d’un cancer inexistant.

L’évaluation de CancerSEEK révèle qu’il ne se trompe pratiquement jamais. Le test affiche une spécificité de 99%. En ce qui concerne les personnes atteintes de cancers, le test est fiable dans 70% des cas, avec des disparités selon le type de cancer. Par exemple, 98% des cancers de l’ovaire et 97% des cancers du foie sont détectés contre 59% des cancers du poumon et seulement 33% des cancers du sein.

Des interrogations subsistent

CancerSEEK pourrait donc contribuer à améliorer la détection précoce des cancers pour lesquels il n’existe pas encore de test de dépistage (ovaire, foie, estomac, œsophage et pancréas). Néanmoins, un écueil majeur persiste: si le test permet de confirmer la présence d’un cancer, il n’indique pas quel organe est touché. Or, sans cette information, impossible de commencer un traitement adéquat. Par ailleurs, reste à savoir à qui devrait s’adresser ce test. Ouvrira-t-il la voie à des dépistages organisés en population générale ou sera-t-il réservé à certaines personnes présentant des facteurs de risque?

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